5 décembre 1915 - Chère Blandinou...

Deux mots pour te donner de mes nouvelles et en même temps en apprendre des tiennes. Pour moi, ça va toujours à merveille et ne me fais jamais de bile. J’espère que vous en ferez de même. Je monterais aux tranchées aujourd’hui dans la journée, comme qu’il en soit je n’y resterais pas longtemps car voilà 7 jours que le bataillon est parti, alors d’ici que ma lettre te soit parvenue, je serais certainement au repos. Il est déjà parti 7 à 8 permissionnaires pour la 2ème fois, alors vous allez voir que je ne vais pas tarder, 3 mois d’y retourner. 
Plus rien pour aujourd’hui. En attendant je vous embrasse bien tendrement. Le bonjour à Rémy et Ferdinand ainsi que tous les voisins. 

Henri.