30 décembre 1915 - Ma chère Blandinou...

Cet après-midi, je viens aussi te faire un peu la causette. J’espère que ma lettre vous trouvera tous en bonne santé. Pour moi, ça va toujours à merveille et comme tu le sais, ne m’en fais jamais. J’ai reçu la carte de Ferdinand et le remercie beaucoup. J’ai vu aussi que vous étiez mis tous les deux pour la faire. Avant-hier j’en ai reçue une de Maria avec 5 fr dedans pour mon étrenne. Tu peux m’en envoyer quand tu voudras, je suis prêt à les recevoir. Quoique j’en ai encore pas mal. Je préfère en avoir un peu d’avance. Aujourd’hui, le temps s’est refroidi mais ça vaut mieux que la pluie. Nous sommes relevés demain à 2 h de l’après-midi, c’est assez tranquille en première ligne. 
Plus rien pour aujourd’hui, surtout ne vous faites pas de bile pour moi. En attendant le plaisir de nous voir, je vous embrasse de tout cœur. 

Henri.