29 décembre 1915 - Mes bien chers Parents et belle-sœur,

Nous voilà au renouvellement de l’année, alors il faut bien que je vous envoie deux mots pour vous souhaiter la bonne année. Oui mes bien chers Parents et chère belle-sœur, je vous souhaite une bonne année meilleure que celle que nous venons de passer. Bonne santé, bon courage et je prie le Bon Dieu qui vous conserve bien longtemps et enfin que cette maudite guerre finisse bien vite, car à présent on commence d’en avoir par-dessus les épaules. Ici voilà deux jours qu’il n’a pourtant pas plu. Je suis dans les tranchées depuis le 23, en première ligne, nous allons y rester encore 8 jours. Les tranchées sont dans une plaine pas loin de Saint-Abiël. Il a fallu en évacuer certaines tranchées car elles étaient pleines d’eau. Elles sont au niveau de la Meuse, car la Meuse n’a que 600 m. Enfin la santé est toujours excellente. Je désire vivement que ma présente puisse vous trouver de même. Combe est rentré de permission il y a 4 jours et m’a donné 100 sous que Papa lui avait donnés. Je vous en remercie bien, vous êtes trop bons pour moi. Il y a déjà quelques jours que je n’ai pas eu des nouvelles d’Henri. Je pense d’en avoir bientôt. J’ai aussi appris la mauvaise nouvelle de mon pauvre frère Raymond. Enfin étant en nombre comme nous sommes, ça serait bien rare qu’il ne soit pas arrivé quelque chose. 
 Embrassez bien pour moi mon épouse et mon petit Riri. Je termine en vous embrassant tous du fond du cœur. 

Votre gendre et beau-frère qui vous aime. Goudard Rémy.