Nous avons reçu la lettre de Blandine ainsi que le mandat, nous vous remercions, mais ça ne pressait pas autant que cela d’envoyer l’argent. Mon Père a-t-il été très content de savoir que tout allait bien et que vous étiez contents, car lorsque l’on n’a pas essayé, on est toujours inquiet de savoir comment cela va, nous avons reçu une lettre d’Henri. Je lui réponds en même temps qu’à vous, il nous dit qu’il pense revenir en permission en février. Il nous dit qu’il va bien et ne se fait point de bile, tant mieux on serait bien trop ennuyés si on sentait que le temps leur, c’est bien déjà assez de les savoir à chaque instant exposés, mais quand le Bon Dieu mettra-t-il fin à cette horrible guerre qui fait couler tant de larmes, espérons que bientôt ce sera terminé.
Je pense que Maria a toujours très souvent des nouvelles de son mari. Blandine me dit que la vie est chère. Chez nous, c’est bien pire. Nous payons le beurre 2.10 la livre et les œufs 0.29 centimes pièce. Il faut espérer qu’après le jour de l’an ça diminuera un peu. Vraiment il n’y a plus moyen de vivre.
Rien d’autre de nouveau pour le moment, nous n’allons pas trop mal et j’espère que ma lettre vous trouvera tous de même.
J’en profite pour prier Blandine de présenter mes vœux les meilleurs et les plus sincères pour l’année 1916 toute la famille ainsi qu’à Maria et à son petit garçon et en attendant le plaisir d’avoir d’autres nouvelles, nous vous embrassons tous deux et tous bien affectueusement.
Votre cousine. Fanny.