23 décembre 1915 - Chère Blandinou...

Deux mots pour de te donner de mes nouvelles qui sont toujours très bonnes et j’espère que ma petite lettre vous trouvera tous de même. Je fabrique toujours quelques bagues, car nous ne faisons jamais rien, alors tu penses si on se traîne. Ce matin, mon Caporal ainsi que mon Sergent sont revenus de permission et le cabot à apporter la moitié d’un lièvre et un perdreau, alors en faisant le repas, on a bu un petit coup et les fromages comme dessert qui sont moelleux et puis hier soir nous avons acheté et fait rôtir un morceau de porc, ce qui était aussi excellent. Alors tu vois comme je ne me fais pas de bile. Nous avons toujours la pluie pour ne pas changer. Nous reprenons les tranchées lundi mais plus près d’Arras. 
Plus rien de nouveau pour aujourd’hui en recevant mes meilleurs vœux et souhaits de bonheur, j’y ajoute mes plus douces caresses. 

Votre petit vitrier. Riri.