Je réponds à ton aimable lettre du 16 que je viens de recevoir avec grand plaisir en apprenant vos bonnes nouvelles. Pour moi, ça va toujours à merveille et ne me fais jamais de bile, mais au moins vous ne vous en faites pas non plus pour ceux qui sont dans la boue, car moi je ne m’en fais pas pour cela, puis à présent on ne se mouillera plus avec les fameuses bottes qu’on nous a données si nous pouvons en marcher, puis moi je m’en fous pas mal.
Pour la lessive, je l’ai faite aujourd’hui de nouveau, j’avais envie de le porter mais j’ai vu que ça ne valait pas la peine. Il n’y en a pas assez. Je l’ai fait bouillir alors ça s’est très bien lavé et si toutefois il y a quelques poux ça les débarrasse.
Je vois que t’as reçu la lettre d’Albert, moi j’ai trouvé aussi qu’il avait l’air bien ennuyé, mais ces parents ont tord de lui en vouloir, surtout qu’il y en avait d’autres qui étaient bien dans le cas de faire le coup, enfin un de ces jours je leur écrirais puisque vous leur en avez parlé.
Nous allons au repos le 22 mais nous serons moins bien qu’ici, car ici nous ne foutons pas le coup. Le temps n’est pas froid depuis 2 jours, nous avons le brouillard. Tous les jours, il part des permissionnaires.
Alors en attendant le plaisir de nous revoir bientôt, je vous embrasse bien tendrement.
Henri.
PS : j’y joins une carte pour Rémy et Ferdinand.
PS 2 : je viens de recevoir de la cousine de Lyon, elle me réclame un petit souvenir.