17 novembre 1915 - Chère Blandinou...

Je réponds à ta gentille lettre que j’ai reçue hier soir avec beaucoup de plaisir en constatant que vous êtes tous en bonne santé et je vois que vous m’attendez avec impatience, mais heureusement vous ne ferai plus guère attendre si je n’arrive pas avant la lettre, il pourrait très bien se faire que ce soit la dernière lettre. Je pars demain ou après-demain au soir d’ici pour prendre le train à Aubigny à 3h du matin et j’arriverais probablement dimanche ou lundi 21 et 22 novembre, car nous ne sommes plus que 5 et celui qui est inscrit avant moi part ce soir, alors je puis te dire à un de ces jours. Hier, j’ai reçu une lettre de la Tante de Syale, me disant que tellement j’avais mis fin, elle n’avait que lire que le matin de ma lettre, je dois écrire bougrement mal, puis je vais vite. Aujourd’hui nous avons recommencé les conneries de la caserne, on fait de nouveau l’exercice. 
Enfin bref, en attendant le plaisir de pouvoir vous embrasser vivement et de tout cœur, je le fais par la poste. A bientôt. 

Henri.