Cet après-midi, je viens m’entretenir encore un moment avec toi, car ce matin, j’ai répondu à ta lettre. Je n’étais pas encore bien réveillé, puis je n’avais pas bien le temps car nous allions en corvée. Comme je te l’ai dit, nous sommes en réserve, alors on se paye les corvées.
Si tu entendais le bombardement qu’on a foutu aux boches, voilà 6 jours que ça dure, aussi ils ont bien commencé à se reculer. Depuis on continue avec les bombardements. Nous avons déjà pris pas mal de terrain et sommes dans Souchez.
Ces jours-ci, il faisait moins beau, on avait la pluie par moment. Ce matin, nous avions le brouillard, mais à présent il fait beau.
D’après ce que tu me dis, vous avez une assez jolie petite récolte de vin, je pourrais aller en boire de ce vin nouveau, puis il sera probablement bon car je trouve que vous avez vendangé à bonne heur. Je voulais te dire de me réserver quelques raisins, mais j’y ai pensé trop tard.
Tu donneras le bonjour à la famille Gayte de ma part, c’est pourtant malheureux qu’il soit si désolé, enfin que veux-tu à la volonté de Dieu. Pour moi, ça va toujours à merveille et puis tu peux croire ne me fais pas de bile tu sais.
Embrasse bien le papa et la maman pour moi, espérons que bientôt nous aurons la victoire et la paix.
Mille baisers de ton petit frère Riquet.
PS : Embrasse bien Riri pour moi ainsi que Maria.