1er septembre 1915 - Ma chère Blandinou...

Je réponds à ton aimable petite lettre que j’ai reçu hier avec grand plaisir en apportant de bonnes nouvelles, en même temps vous remercier du petit billet. Je vois que la bague a fait de l’effet. C’est que ça va m’en faire du travail pour en faire à tant de monde.
Je m’en méfie une fois de ce coup qu’une fois que vous en aviez vu une, il en faudrait d’autres. Enfin je tâcherais moyen de contenter tout ce monde.
Ca va toujours à merveilles et nous sommes en réserve dans un petit village qui a tout été démoli, dans une cave, mais nous sommes comme des rois, tranquilles comme des anges. Tu me dis que tu as beaucoup de lapins, et bien moi je puis te dire que je suis encore plus riche que toi en rats. Il y en a tu sais on dirait des troupeaux de moutons dans les champs et puis ils sont presque aussi gros et bien apprivoisés facilement. Ils viennent à tes pieds si tu ne bouges pas, ils sont bien nourris avec le pain et la viande que nous avons de reste. Facilement ils nous servent d’amusement, puis il y a encore des chats mais ça vit tout ensemble.
Toujours on ne s’en fait pas, tu peux être aussi tranquille que quand nous sommes au repos, car là nous ne craignons rien du tout. Je fais ma lettre assis sur un fauteuil, je suis bien. Je constate aussi que tu te gonfles de poire pendant que moi je me mets la ceinture, mais ça ne fait rien, je tâcherais moyen de me rattraper. C’est-il le fils du garde ou le frère à Rémy qui va aux Chasseurs ?

PS : enfin le bonjour à tout ce monde et pour vous tous mes amitiés et remerciements. Riri.

PS2 : seulement avec ces poires, tu me fais envie et bien plus.