12 septembre 1915 - Chère petite sœur...

Cet après-midi, je viens de nouveau m’entretenir un petit moment avec toi. Aujourd’hui dimanche, nous n’avons rien à faire. Ce matin, j’ai été à la messe de 7h à Bagus et ce soir je vais aller aux Vêpres à 6 h.
Je pense que ma lettre vous trouvera tous plein de bonne santé et de courage. Pour moi, ça va toujours à merveille. Ce matin, on nous a donné une superbe salade à manger, on s’est régalé.
Demain, nous passons la revue pour le capitaine de la brigade et l’après-midi, il y a une séance récréative à Bagus, jouée par les sous-officiers alors nous ne ferons pas grand-chose.
Le dépôt du 44 est à Chalons-sur-Saône dans la Seine et Loire. Nous faisons partie de la 139ème brigade, 70ème division et du 33ème corps d’armée.
Je regarde souvent la photo que j’ai reçue hier. Je l’ai mise avec celle de Maria et puis la mienne, ce qui fait que je vois toute ma petite famille, puis vous êtes si bien près le papa avec son air souriant et la maman aussi, tu n’as pas tout à fait l’air assez gai, mais ça fait rien, tu peux croire que j’en suis content. A présent, il part 2 hommes par jour en permission, alors ça ira plus vite et mon tour viendra plus tôt. Enfin, plus rien de nouveau pour aujourd’hui, nous avons un beau temps superbe.

Embrasse bien le papa et la maman pour moi et pour toi les plus doux baisers de ton petit frère Riquet.

PS : J’y joins une carte d’un de mes copains qui a été évacué à cause de la fièvre.