Deux mots aussi aujourd’hui pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours très bonnes et dont j’espère bien que ma lettre vous trouvera tous de même. Vous bûchez toujours à grand train pour moissonner. Ici il ne fait pas très chaud, le temps est toujours couvert alors dans nos trous, nous sommes très bien et sommes toujours en réserve.
J’étais assis là dans la tranchée sur la porte de mon trou et voilà que les boches envoient des marmites au devant de nous, mais assez loin, alors je rentre dans mon trou et continue à faire ma lettre là-dedans, couché.
Hier, j’ai joué aux cartes tout l’après-midi alors tu vois qu’on ne s’en fait jamais. Cette nuit, nous avons creusé une tranchée et à 2h30 nous nous sommes couchés et je me suis levé à 11h, alors tu vois que j’ai quand même bien dormi.
Plus grand-chose pour aujourd’hui, surtout ne vous en faites pas pour moi car je ne m’en fais pas une minute. Le bonjour à l’oncle Rémy et aux voisins et pour vous les meilleurs souvenirs et caresses de votre petit chasseur qui pense à vous tous. Vareille Henri.
PS : Les boches se sont arrêtés.
PS : Les boches se sont arrêtés.