24 Dec 1914 - Corté - Bien chers parents...

Aujourd’hui comme d’habitude je fais ma lettre en rentrant de ville, car tous les soirs nous allons faire un tour en ville, mais on l’a vite fait. Vous savez Corté n’est pas si grand que Lamastre.
Enfin on nous a aussi fait faire de l’exercice, on nous fait déjà cacher dans des fossés ou dessus des ballis pour que l’ennemi ne nous voie pas, et puis des demi-tours. Enfin, ils me font chier. Pas que ce soit pénible car ce n’est qu’un amusement ce qu’on fait, mais seulement il faut le faire.
Ce matin, ils pleuvait, mais dans la journée il a fait bon. Ce soir, de nouveau il pleut et pour là sur les montagnes, c’est blanc de neige, mais ici à Corté, c’est dans un trou entre quelques rochers, alors il ne fait pas froid.
Rémy sait-il quand est-ce qu’il passera le Conseil, vous me l’avertirez et vous m’expliquerez un peu le temps qu’il fait là-haut.
Tous les matins, nous avons un Caporal qui passe pour demander les lettres, si on veut les leur donner, alors vous voyez, c’est bien commode.
Plus grand-chose à vous dire pour cette fois. Un gros bisou à Blandinou, ainsi qu’au Papa et la maman. Une bonne poignée de mains à Rémy ainsi que chez XX, et à Jules ainsi qu’à ses parents et sœurs.
Votre petit pioupiou qui pense à vous. Vareille H.

Encore une fois, je vous mets mon adresse afin que vous la sachiez bien. 173ème Régiment d’Infanterie, 30e Compagnie, Caserne Séminaire, Corté, Corse.
Vous devez avoir reçu une XX de cartes ou de xx. Depuis que je suis partie, j’ai écris tous les jours.